Saint Just

 « Tu choisiras la vie ! » Dt 30,19

Quand arrive le carême, on est tenté de penser “privations” : pas de viande le vendredi, pas d’alléluia ni de Gloire à Dieu à la messe ; se priver d’argent pour donner aux autres et se priver de loisirs pour prier.

S’il nous mène vers la joie de Pâques, le carême peut aussi, doit aussi, nous apporter la joie : nous libérer de nos excès et de nos attachements désordonnés pour nous restaurer dans une relation juste : avec les autres, par l’aumône ; avec Dieu, par la prière ; avec nous-mêmes, par le jeûne.

Efforçons-nous donc de faire le bien, en nous souciant davantage de ceux qui nous entourent que de nous-mêmes, et notre vie s’ajustera d’elle-même. Si je regarde autour de moi les autres et ce dont ils ont besoin, je n’aurai plus de mal à partager. Si je me tourne vers Dieu – comme les psaumes – pour le remercier de tout ce qu’il m’a déjà donné, ou pour crier vers Lui en lui demandant l’Esprit Saint qui me fera traverser le désert, je n’aurai plus de mal à prier. Si je mets à profit ce temps de carême pour rééquilibrer mon alimentation, ou d’autres aspects de ma vie, et ainsi me détacher de choses futiles, je n’aurai pas de mal à jeûner ou à renoncer.

Le meilleur moyen de « réussir son carême », c’est de ne pas se poser la question : elle nous centre sur nous-mêmes. Regardons plutôt le Christ, demandons-lui la lumière de Pâques pour éclairer notre chemin. Soutenons-nous les uns les autres à travers les épreuves et difficultés.

Alors, le Peuple de Dieu sera en marche vers son Seigneur qui ne cesse de lui donner la vie, au cœur même de ses déserts et de ses doutes, vers le Ressuscité qui ne cesse de l’éclairer de sa lumière éternelle pour qu’il trouve le chemin vers la joie de Pâques.

Père Jean-Luc BARITEL